Golfe de Gascogne : la fermeture hivernale de la pêche sauve des centaines de dauphins, une victoire pour la biodiversité marine

Depuis près de dix ans, les côtes du golfe de Gascogne sont le théâtre d’un drame écologique : chaque hiver, des milliers de dauphins communs meurent, victimes des filets et chaluts des navires de pêche. Face à cette hécatombe, la France a enfin agi en instaurant une fermeture temporaire de la pêche pour les engins les plus dangereux. Le bilan 2025 est sans appel : cette mesure a sauvé des centaines de cétacés, prouvant qu’une protection efficace est possible. Pourtant, son coût économique et son caractère temporaire rappellent l’urgence de trouver des solutions durables pour mettre fin à ce massacre.

Ce qu’il faut retenir

  • Un succès environnemental : grâce à la fermeture, les captures accidentelles de dauphins ont chuté de 60 %, passant de 4 700 morts par an en moyenne à 1 900 pour l’hiver 2024-2025.
  • Un coût nécessaire : 35 millions d’euros de pertes pour la filière, compensées à hauteur de 20 millions par l’État – un investissement minimal pour préserver une espèce protégée.
  • Des alternatives existent : pingers, balises et caméras embarquées sont testés sur 110 fileyeurs et 27 navires pour remplacer définitivement cette mesure d’urgence.
  • L’urgence d’agir : la fermeture sera reconduite en 2026, mais seule une interdiction définitive des pratiques les plus dangereuses ou des technologies 100 % efficaces permettra d’éviter un nouveau drame.

Une mesure qui sauve des vies, mais reste insuffisante

Un bilan encourageant, mais encore trop de morts

  • Des vies sauvées : selon l’Observatoire Pelagis, la fermeture a évité la mort de près de 3 000 dauphins en un seul hiver. Un soulagement, même si 1 900 individus ont tout de même péri dans les engins de pêche – un chiffre toujours inacceptable.
  • Un retour à la normale ? Les mortalités sont revenues à leur niveau d’avant 2016, mais restent bien au-dessus des seuils tolérables pour la survie de l’espèce.
  • Une mesure ciblée, mais limitée : seuls les navires de plus de 8 mètres utilisant les engins les plus meurtriers (filets maillants, chaluts pélagiques) étaient concernés. Pourtant, tous les engins de pêche représentent une menace pour les cétacés.

Des solutions existent : il faut les généraliser

Pour en finir avec ces morts évitables, des dispositifs alternatifs sont testés :

  • Pingers : 110 bateaux équipés de répulseurs acoustiques pour éloigner les dauphins.
  • Balises sur filets : 27 navires expérimentent des systèmes pour rendre les engins plus visibles.
  • Caméras embarquées : 100 bateaux surveillés en temps réel pour mieux comprendre et prévenir les captures.

Solutions pour protéger les dauphins : où en est-on ?

DispositifNombre de navires équipésEfficacité potentielle
Pingers110Réduction des captures si bien utilisés
Balises sur filets27Limite les collisions accidentelles
Caméras embarquées100Surveillance et preuve des impacts

→ Ces technologies doivent devenir obligatoires pour tous les navires, sans exception.

Un coût économique assumable face à l’urgence écologique

35 millions d’euros de pertes, 20 millions d’aides : un prix dérisoire pour sauver une espèce

  • Un secteur indemnisé : les 274 navires et 40 entreprises de mareyage touchés ont reçu des compensations, preuve que la transition est possible.
  • Un investissement pour l’avenir : plutôt que de subventionner des pratiques destructrices, ces fonds doivent accélérer la généralisation des alternatives.
  • Un signal fort : les pêcheurs qui refusent de s’adapter doivent comprendre que la protection des dauphins n’est pas négociable.

Les professionnels doivent évoluer

  • Fin des tergiversations : certains pêcheurs dénoncent une « stigmatisation », mais la réalité est claire : leurs méthodes tuent des animaux protégés.
  • 2026, dernière chance ? La fermeture sera reconduite, mais en 2027, soit les dispositifs alternatifs fonctionnent, soit il faudra interdire définitivement les engins les plus dangereux.

2027 : l’année de vérité pour les dauphins du golfe de Gascogne

Objectif : zéro mort par capture accidentelle

  • Plus d’excuses : les technologies existent, les financements aussi. Il est temps de les imposer à toute la flotte.
  • Une responsabilité européenne : la France ne peut agir seule. Bruxelles doit contraindre tous les pays pêchant dans le golfe à adopter ces mesures.

Et après ?

  • Sanctions pour les récalcitrants : ceux qui refusent de s’équiper doivent voir leurs licences retirées.
  • Un modèle pour les autres mers : si le golfe de Gascogne y parvient, pourquoi pas la Méditerranée ou l’Atlantique Nord ?

La fermeture temporaire de la pêche a prouvé une chose : quand on veut, on peut sauver les dauphins. Mais les demi-mesures ne suffiront pas. Il est temps d’interdire définitivement les pratiques les plus dangereuses et d’imposer des solutions efficaces à 100 %. Les dauphins n’ont pas de temps à perdre – et nous non plus.